jeudi, juin 28, 2007

Calculer les coûts de son projet d'immigration au Canada ou en France




Bon, changer de pays ça va. Ce qui souvent ne va pas c'est l'évaluation erronée des coûts nécessaires, non seulement pour la survie immédiate, mais pour l'adaptation harmonieuse dans son nouveau pays. Il ne faut pas se leurrer, si l'émigration vous conduit à vivre dans l'indigence en supportant en outre l'angoisse et l'insécurité attachées au chômage (inévitable les premiers moins à moins que vous n'ayez déjà en poche un contrat d'embauche dûment signé), vous ne tiendrez pas le coup.

Ce qui se produit bien souvent, après l'euphorie des premières semaines, lorsque les choses ne vont pas aussi vite que prévu, c'est l'apparition insidieuse d'un sentiment de doute que l'on ne doit pas laisser s'installer sous peine de devenir excessivement malheureux.

En effet, il n'y a rien de plus douloureux que d'avoir eu un rêve, de le réaliser et de se rendre compte qu'en définitive, cela ne valait pas le coup.

C'est pourquoi il est nécessaire, en plus de prévoir la somme exigée par le gouvernement (autour de 10 000$ canadiens par personne adulte), une somme supplémentaire ou un "à côté" genre activité autonome vous permettant de ne pas trop ressentir l'absence d'un emploi régulier.

On devrait en outre prendre en compte :

1. Le transport (autobus, métro)
2. Les loisirs et activités permettant de rencontrer des gens
3.L'achat de vêtement adaptés au climat (plus froid ou plus chaud)
4. L'achat de meubles et accessoires
5. Le besoin de payer un ou deux mois de loyer supplémentaires (pas légal mais souvent demandé, en France les frais d'agence de location etc)

Le plus important, cela va sans dire, c'est de pouvoir réintégrer une activité régulière le plus rapidement possible. On peut se faciliter la tâche en se faisant connaître et apprécier en faisant du bénévolat par exemple ou en s'inscrivant à des activités de loisirs qui permettront d'étendre son réseau de contacts.

Les clubs de gym des centre-ville après les heures de bureau ou très tôt le matin pourraient vont permettre de faire des rencontres surprenantes et surtout...profitables.

mardi, mai 01, 2007

MON COEUR EST RESTÉ LÀ-BAS

Voilà, je suis de retour au Québec depuis un an maintenant après plus de cinq ans en France (Bordeaux) et mon coeur est resté là-bas.

Au fil des mois et des semaines passées à Montréal , je constate que la réadaptation à son pays d'origine est extrêmement difficile. C'est pourquoi je conseille à tous ceux qui souhaitent tenter l'aventure de l'immigration de bien se préparer à tous les niveaux car émigrer équivaut à un mariage : il faut à la fois aimer son partenaire et accepter de s'engager totalement dans cette vie nouvelle, sinon le "divorce" d'avec son pays d'adoption peut être aussi douloureux que dans le cas de relations matrimoniales.

La raison en est simple : émigrer c'est s'investir dans un processus d'adaptation qui va nous permettre, au bout de quelques années, de se créer de nouvelles racines. Des racines fragiles et au début quelque peu superficielles, car non encore profondément enfoncées dans cette terre encore un peu étrangère, mais des racines tout de même et pour lesquelles les nouvelles habitudes créées joueront un rôle primordial.

Par exemple, le fait d'emprunter toujours le même chemin (pour aller faire ses courses par exemple ou pour aller à son bistro préféré) imprimera le souvenir des rues, des pierres et de l'architecture dans le cerveau et ces souvenirs, emmagasinés inconsciemment, remplaceront progressivement les "vieux" souvenirs, ceux de la vie "d'avant", jusqu'à les dominer en importance et en signification. C'est un peu ce qui se passe lorsque l'on change d'appartement et de quartier : on rebâtit nos repères jusqu'à ce que les nouveaux lieux deviennent plus familiers que les anciens.

C'est donc souvent une erreur de revenir en arrière (à moins de n'avoir pas le choix ou de n'être décidément pas heureux), car cela implique de refaire le chemin en sens inverse ; il en résulte souvent un sentiment de "déjà-vu" assez désagréable et qui n'est pas loin de s'apparenter à l'échec.

Mon coeur est resté en France et je sais dans mon cas que ce fut une erreur de revenir. Disons pour ma décharge que je n'avais pas le choix. Mais ma décision est prise depuis longtemps : je sais que bientôt je retournerai "chez moi"...

mercredi, mars 14, 2007

Danger de l'isolement pour le nouvel immigrant

Une tendance commune à plusieurs immigrants c'est, une fois les premiers enthousiasmes passés, de se confiner dans un isolement qui ne correspond pas à leur personnalité. Il est très facile en effet de succomber à cette tendance et de se replier dans son "ancienne identité" si les projets mis en place ne donnent pas immédiatement les résultats escomptés (trouver un travail, reprendre des études, faire face à des difficultés d'adaptation du couple ou des enfants).

Il faut avant tout identifier les raisons qui ont motivé le changement de pays de résidence. Si c'était dans le but de fuir une situation sans issue, il est clair que l'émigration ne fera que déplacer le probléme.

La meilleure solution consiste à reprendre la vie là où on l'a laissée et non de nourrir l'idée un peu irréaliste de "tout recommencer à neuf". Ainsi, s'impliquer dans la société (volontariat et autre), s'inscrire à des clubs (sport, discussion, philo, poésie selon nos intérêts), parler aux étrangers lorsque la situation s'y prête pour se faire de nouveaux amis, mais surtout se fondre dans la culture et les habitudes environnantes constituent une garantie de succès.

vendredi, mars 09, 2007

S'adapter, c'est s'approprier les lieux

Pour s'adapter dans un pays étranger, il faut avoir cette capacité assez rare de s'approprier les lieux qui nous entourent, et qui au début nous semblent bien étranges, presque hostiles, afin qu'ils fassent peu à peu partie intégrante de ce que nous sommes et que nous les intégrions dans nos souvenirs.

Il faut donc ne pas céder à la tentation de la comparaison. Il est en effet si facile de se dire "chez moi, c'était comme ceci ou cela" avec une réelle nostalgie. On doit plutôt regarder notre nouvel environnement comme un lieu accueillant qui nous ouvre les bras, qui "nous aime" en quelque sorte. Privilégier une attitude de retrait sinon de rejet de ce nouvel décor (cela survient souvent aprèes 5-6 mois, lorsque les repères nous manquent) équivaut à saper soi-même ses chances d'adaptation.

Un petit exercice simple et efficace consiste à se dire et à se forcer à croire que "l'on est né ici" plutôt qu'ailleurs et que les rues, les pierres, les arbres constituent le décor de notre enfance. Très tôt notre cerveau, en mal de repères et d'une certaine logique, se met à croire à cette nouvelle réalité, ce qui facilite grandement notre intégration. Il ne s'agit pas ici de se mentir à soi-même, mais de dépasser par la ruse ce "mal du pays" qui fait souvent, au bout de quelques années de souffrance, échouer le projet d'émigration.

mardi, janvier 30, 2007

NOUVEAUTÉ : Services administratifs pour la France 24h sur 24 en ligne


Le gouvernement français a mis en place un site internet dédié aux démarches administratives de toute nature (papiers, permis etc). Il est accessible 24h sur 24 en ligne.

vendredi, janvier 19, 2007

POUR ÉMIGRER AVEC SUCCÈS, IL FAUT...



Savoir et...pouvoir redevenir un enfant. Émigrer, c'est renaître; cela équivaut à obtenir une deuxième chance. Mais cela ne se fait pas sans souffrances, comme pour toutes les naissances. Puis, il faut apprendre la langue ou ses particularités locales, se faire de nouvelles habitudes, créer de nouveaux repères. Mais ce qui est surtout nécessaire, c'est de savoir abandonner sa "vieille peau" et ça c'est mourir un peu. Pour émigrer, il faut être ...COURAGEUX!

mardi, janvier 16, 2007

Pourquoi la France? Un hasard ou un "coup" du destin?



C'est souvent le hasard qui nous mène quelque part. Un hasard qui fait partie de notre histoire, de la façon particulière que nous avons de penser et d'appréhender les choses. A quatorze ans, lors d'une fugue improvisée en Floride (Montréal-Orlando) j'avais tout bonnement dit aux agents qui m'avaient cueillie sur l'autoroute (allez savoir pourquoi, je n'ai jamais vu une bouteille de vin à la maison et n'aurait pu, de ce fait, reconnaître une précieuse appellation contrôlée), que j'étais une "Française de Bordeaux". Cette prédiction bien involontaire s'est avérée près de vingt-cinq ans plus tard lorsque je me suis installée dans cette ville avec mon amoureux français.

Une fois sur place, on s'étonne de s'adapter assez vite quoique le mal du pays soit une réalité qui vient "vous chercher" quand on s'y attend le moins. Après quatre mois d'odeur de pâtisseries au beurre flottant dans les rues, de vignes interminables, de châteaux, d'architecture moyennâgeuse sublime et rapidement banale, d'une langue française châtiée que l'on adopte par commodité, de soldes, de caniches omniprésents dans les magasins et les cafés, de platanes amputés et autres incongruités urbaines, on commence à se sentir déphasé. Ce n'est que le début.

Puis, la maladie s'installe subrepticement: on pense au Québec, les rues nous manquent, le Parc Lafontaine, le métro, la rue St-Catherine; on revoit en esprit les quartiers, notre rue, notre vie au Québec comme un Eldorado perdu. L'éloignement nourrit les illusions les plus perfides; on ne pense qu'à revenir. Et l'on revient. Deux semaines suffisent pour nous "guérir", puis l'on repart. Et l'on refait le même périple désespéré chaque année comme un enfant adopté qui a peine à se détacher et dont la mélancolie s'éternise.

On ne sait pas alors que cela prend 4 à 5 ans avant que les pierres françaises deviennent "nos pierres", les rues "nos rues". Comme si 'on devait renaître et refaire l'adaptation inconsciente de nos jeunes années.

Puis un jour on se promène dans notre rue et on ressent une sensation étrange de douceur et de familiarité : on se sent enfin chez soi, par un étrange et inexplicable retournemement du destin on a fait le voyage de nos ancêtres à l'envers, on est devenu Français!

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