Il faut donc ne pas céder à la tentation de la comparaison. Il est en effet si facile de se dire "chez moi, c'était comme ceci ou cela" avec une réelle nostalgie. On doit plutôt regarder notre nouvel environnement comme un lieu accueillant qui nous ouvre les bras, qui "nous aime" en quelque sorte. Privilégier une attitude de retrait sinon de rejet de ce nouvel décor (cela survient souvent aprèes 5-6 mois, lorsque les repères nous manquent) équivaut à saper soi-même ses chances d'adaptation.
Un petit exercice simple et efficace consiste à se dire et à se forcer à croire que "l'on est né ici" plutôt qu'ailleurs et que les rues, les pierres, les arbres constituent le décor de notre enfance. Très tôt notre cerveau, en mal de repères et d'une certaine logique, se met à croire à cette nouvelle réalité, ce qui facilite grandement notre intégration. Il ne s'agit pas ici de se mentir à soi-même, mais de dépasser par la ruse ce "mal du pays" qui fait souvent, au bout de quelques années de souffrance, échouer le projet d'émigration.