
Bien peu de gens ont la chance de vivre à l'étranger pendant de longues années. La richesse d'une culture nouvelle, d'une architecture différente ; les innombrables surprises que recèle une vie jusqu'alors inconnue où les habitudes ne sont pas les mêmes, où "l'art de vivre" a une signification empreinte de poésie, à ce qu'il nous semble, étourdis encore par une ivresse du voyage qui perdure parfois très longtemps.
Lorsque ce merveilleux mirage se dissipe une peu, on reste étonné du mystère et de la joie qu'il y a à vivre ailleurs, dans un air différent, plus pur parfois à nos yeux que l'air de notre enfance. Pour moi, la France a été le pays de mon enfance, puisque très jeune, j'ai lu Victor Hugo, Chateaubriand, Voltaire, Balzac et le bien-aimé Proust.
Lorsque je suis revenue, il y a déjà trois ans maintenant, je ne pensais qu'à retourner. Puis, j'ai refait mon nid. J'ai réappris à découvrir ce pays et cette ville que les Newyorkais appellent "the beautiful Montréal", cette ville où je suis née et où j'ai grandi. Je me suis réconciliée avec moi-même et avec mes origines dans la joie et la paix et aujourd'hui, pour moi, c'est tout ce qui importe ; avoir bouclé la boucle.
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